Endométriose et nutrition, quelle alimentation adopter ?

Comment la nutrition peut vous accompagner si vous souffrez d’endométriose ? Quelle alimentation adopter ?

Aujourd’hui je laisse la place à Zoé Husson cheffe de projets clinique dans un centre expert dédié à l’endométriose.

Encore silencieuse il y a quelques années, la parole sur l’endométriose se libère de plus en
plus. Mais cette pathologie qui touche plus d’une femme sur dix a encore bien des secrets
pour nous. 
L’endométriose, c’est un peu plus complexe que de l’endomètre (tissu de la muqueuse utérine)
qui migre hors de la cavité utérine lors des règles. En effet, il s’agit de cellules s’apparentant à
de l’endomètre qui vont migrer dans le corps lors des menstruations, siéger à un ou plusieurs
endroits du corps et se réveiller à chaque cycle. 


L’origine de l’endométriose est multiple et encore méconnue scientifiquement : 
Reflux menstruel 
Théorie migratoire distancielle (transport via la lymphe & le sang de cellules de l’endomètre) 
Mullériose : restes embryonnaires des canaux de Muller


La causalité multiple de l’endométriose rend cette pathologie d’autant plus complexe et
unique.
Il est important de souligner qu’il existe autant d’endométrioses que de femmes, & chacune
des lésions d’endométriose chez la même femme peut être issue d’une des théories. 


Cette pathologie est dite moderne, car la vie d’une femme en 2022 n’est pas la même que dans
les années 30. Effectivement, une femme d’aujourd’hui a plus de règles car son premier enfant
est souvent plus tardif dans le temps & le nombre d’enfants moins important. Cela rend visible l’endométriose qui existait certainement déjà, mais que nous ne pouvions pas constater aussi
facilement.


Les douleurs :


Caractérisée de pathologie inflammatoire, l’endométriose est la résultante de plusieurs
fonctions du corps, ne pouvant se réduire à la fonction gynécologique. Effectivement, un ensemble de systèmes sont concernés : système endocrinologique, hormonal, immunitaire, facteurs environnementaux, l’épigénétique, le stress, l’oxydation cellulaire … C’est le déséquilibre de ces fonctions qui tend vers l’inflammation chronique.
La douleur ressentie n’est pas corrélée au type d’endométriose (profonde ou superficielle),
c’est la localisation qui induit la douleur.


Les douleurs sont nombreuses dans l’endométriose :
– Pelviennes, lors ou en dehors des règles,
– Au moment des rapports sexuels (dyspareunies)
– Digestives (dyschésies)
– Urinaires (dysuries)
– Neuropathiques, lombaires, sacrées, de type sciatique, à l’épaule ..

A ces douleurs peuvent s’ajouter des symptômes comme la fatigue chronique ou encore
des troubles de la fertilité.
La douleur impacte considérablement la vie des femmes atteintes d’endométriose, c’est
cette première qui motive les femmes à consulter.

Les solutions


A l’heure actuelle, il n’est pas possible de parler de traitement contre l’endométriose, mais de solutions. Nombreuses pathologies ne peuvent se soustraire à la médecine allopathique (chirurgie, traitement hormonal en continu …) mais le bien être global est indispensable et passe par d’autres sphères :
– Sphère Nutritionnelle : micronutrition
– Sphère Emotionnelle : psycho sexologie, sophrologie,
– Sphère Mécanique : Ostéopathie pelvienne, Belly Yoga, Pilates, cohérence cardiaque


Ce sont des vraies ressources leviers de santé ! La médecine allopathique et les disciplines holistiques ne doivent pas s’affronter car rien n’est ni tout blanc ni tout noir & les femmes ont besoin d’être actrices de leur santé.
Un traitement conviendra à l’une mais ne conviendra pas à l’autre. Il faut parfois jongler & combiner des stratégies thérapeutiques d’où la complémentarité des approches. Activer les freins et les leviers dans le corps qui permettent d’optimiser sa santé de façon à éteindre le feu de l’endométriose
Il y a autant d’endométriose que de femmes et par conséquent autant de traitements que
de femmes.


La bienveillance envers son corps, prendre soin de soi, être doux fait partie intégrante du
chemin de l’Endogirl car la puissance de l’harmonie entre le corps et l’esprit est essentielle
bien que difficile.
Il ne s’agit pas d’une parenthèse dont on va se débarrasser mais d’adopter pleinement une
démarche, intégrée au quotidien afin de ne faire plus qu’un avec sa pathologie et tendre à la
combattre jour après jour mais dans un cheminement doux et accueillant.

La nutrition, une solution pour mieux vivre son endométriose ?


Ce qui est formidable avec la nutrition, c’est qu’il s’agit d’un pilier dont vous pouvez être
pleinement actrices.

Les études scientifiques démontrent de plus en plus l’impact positif d’une alimentation anti
inflammatoire sur l’organisme. Effectivement, un corps carencé en nutriments est exposé au
stress oxydatif sera plus facilement sujet au développement d’une pathologie.
Le stress oxydatif touche les cellules (à distinguer du stress psychologique) et résulte du
déséquilibre entre la production de radicaux libres et celle d’anti oxydants. Cette bascule en
faveur des radicaux libres intervient dans les phénomènes inflammatoires qu’ils soient
chroniques ou aigus, tels que l’endométriose.


Alors, comment contrer ce stress oxydatif ? C’est la que l’alimentation anti inflammatoire entre en jeu avec comme mantra : Assainir le corps pour mieux le nourrir.
Voici quelques trucs & astuces pour constituer une assiette endo friendly 🙂

1) Dans la bouche, ta digestion débutera
Mastiquer c’est optimiser sa digestion ! Plus les aliments arrivent finement coupés dans
l’estomac, moins celui-ci fourni d’effort et plus la digestion est facilitée. Cela permet d’éviter certains désordres digestifs de type ballonnements, maux de ventre, constipation, endobelly … votre intestin vous dira merci 🙂 ! N’hésitez pas à poser votre fourchette entre chaque bouchée afin de bien mâcher avant de déglutir.

2) Pour tes repas, le temps tu prendras
On sous estime bien trop l’importance de s ‘alimenter dans le calme, déconnecté de nos
écrans. Le repas doit être un moment privilégier, qu’il se prenne seule ou en belle compagnie.
L’essentiel étant de manger en pleine conscience & savourer ce que nous avons sous les yeux.
N’hésitez pas à créer des assiettes colorées et qui vous donneront envie.

3) Les aliments bruts tu favoriseras
L’ultra transformation des produits hante nos rayons de supermarchés & ceux des petits
commerces bio. C’est le fléau alimentaire du siècle. Un aliment brut, non transformé, issu de
l’agriculture ou élevage raisonné sera toujours votre allié et doit être privilégié. La qualité de
l’aliment avant tout. Niveau gout, c’est incomparable, vos papilles seront ravies !

4) Des Oméga 3 tu consommeras
Ces formidables lipides chouchoutent vos membranes, permettant d’optimiser la
communication entre vos cellules et favorisent leur bon fonctionnement. Vous les retrouverez
principalement dans les éléments suivants :
Huiles de noix, de noisette, de cameline, d’olive, de colza ; à conserver au froid et à
ajouter dans son assiette après cuisson afin que leur effet ne soit pas délétère. 2 à 3
CAS par jour & promis cela ne fait pas grossir, privilégiez les bio et de première
pression à froid.
Oléagineux non salés, non grillés & graines : noix, noisettes, amandes, noix de cajou,
graines de chanvre, graines de chia, graines de courge : un régal dans vos salades,
soupes ou tartines !
Petits poissons gras : sardine, anchois, maquereau, saumon, truite : excellente source
de protéines également.

5) Les épices tu ne te passeras pas
A consommer à chaque repas car les propriétés des épices et aromates ne sont plus à
démontrer et sont utilisés depuis la nuit des temps en médecine ayurvédique. Pléthore de
possibilités pour agrémenter vos assiettes selon vos gouts : Anis, cannelle, cardamome,
cumin, curcuma, gingembre, muscade, paprika … vous avez l’embarras du choix !

6)Les céréales complètes tu préfèreras
Les céréales blanches sont trop raffinées pour notre corps. A indice glycémique plus faible,
les céréales complètes seront de meilleures options nutritionnelles. De nos jours, les
commerces nous laissent la possibilité de faire l’impasse sur les farines blanches.

7) Des protéines de qualité il te faudra
Ne diabolisez pas les protéines. Qu’elles soient animales ou végétales, elles sont l’énergie
dont votre corps a besoin. Retenez juste que les protéines animales sont plus inflammatoires
que les protéines végétales, de ce fait elles contribuent à entretenir le feu de l’inflammation.
Pour tendre vers un niveau inflammatoire abaissé, leur consommation devrait être réduite.
Si pour des choix qui vous sont propres, vous optez pour un régime végétarien ou vegan,
veillez à consommer des céréales et des légumineuses afin de couvrir vos apports
nutritionnels.

8) Des perturbateurs endocriniens tu t’éloigneras
Ces petites choses miment l’action de vos hormones (principalement des oestrogènes) et
dérèglent votre corps. Choisir des fruits & légumes sans pesticides est un bon moyen de ne pas avoir de résidus de PE. Local, de saison & biologiques : 3 critères à favoriser pour des fruits et légumes de qualité pour profiter des fibres qu’ils ont à vous offrir. Les fibres
permettent de diminuer le taux d’oestrogènes (hormones) dans le sang.

9) Du sucre tu mangeras mais de qualité il sera
Tous les sucres ne se valent pas. Notre corps a besoin de bons glucides pour s’activer. Le fruit entier vous permet d’apporter une belle source de vitamines et minéraux en plus du fructose qu’il contient. A consommer de préférence seul ou en début de repas car accompagné d’autres
aliments il ralentira votre digestion 🙂

10) Une alimentation anti inflammatoire tu adopteras
S’il n’y avait qu’une chose à retenir pour une assiette endos friendly c’est bien celle – ci.
Diminuer le feu de l’inflammation en ingérant des aliments anti inflammatoire et en réduisant
les aliments pro inflammatoires (gluten, soja, produits laitiers et ceux issus de la vache encore
plus, aliments industriels, sucre raffiné etc)
Le corps est une formidable machinerie digne d’une boule disco flamboyante où chaque
facette qui le constitue a sa place. Votre santé a besoin de chacune de ces facettes pour fonctionner. Les facettes transposées à votre corps représentent divers systèmes :
La génétique
L’alimentation
Les hormones
Le microbiote intestinal
L’humeur et la gestion du stress
L’équilibre cellulaire et le stress oxydatif etc …

Tout s’articule en symbiose pour une santé optimale. La moindre facette mal positionnée ou
manquante fera perdre de sa beauté à la boule disco. Ne négligez rien et actionnez les leviers
de votre santé.
Globalement, il faut garder en mémoire qu’une alimentation vraie, variée, non transformée,
locale et de saison apportera tout ce dont le corps a besoin. En diminuant le gluten, le sucre raffiné, les aliments transformés, on éteint le feu de l’inflammation, on assainit le corps et on lui donne un regain d’énergie. Physiologiquement parlant, le corps a besoin de simplicité.


Il est toujours préférable de se faire accompagner afin que votre santé soit considérée de
manière globale et unique car chaque corps est différent.
Il y a autant d’endométriose que de femmes et par conséquent autant de solutions que d’endo,
il y en a forcément une pour vous.
Prenez soin de vous et de votre corps <3


Zoé Husson :
Après plusieurs années à étudier la physiologie humaine et le développement du médicament,
puis six ans d’essais cliniques en cancérologie, je suis une scientifique dans l’âme et
actuellement cheffe de projets clinique en milieu privé dans un centre expert dédié à
l’endométriose. Je contribue à développer de nouvelles thérapies (médicamenteuses et non
médicamenteuses) pour améliorer le parcours de soin des femmes atteintes d’endométriose
afin que cette pathologie ne soit plus un fléau.
Se tourner vers les femmes dans leur globalité est une réelle nécessité car il est indéniable que
certaines pathologies avérées ne peuvent se soustraire à la médecine allopathique, mais le bien
être global passe par l’assiette, l’activité physique (adaptée), la sphère émotionnelle et la
gestion du stress … Tous ces piliers jouent un rôle dans une maladie, quelle qu’elle soit, dans
sa guérison & la qualité de vie qui lui est associée. Allier médecine allopathique et holistique
est essentiel pour la prévention et le maintien de son capital santé, c’est pourquoi en plus de
mon bagage scientifique actuel, je me suis formée à la micro nutrition et suis en cours de
formation à la nutrition holistique thérapeutique. La nutrition est une science en perpétuelle
mouvance, il y a tant à apprendre pour tendre vers un état de santé optimal.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Takacs dit :

    Texte extrêmement complet et très enrichissant
    Merci infiniment

    1. Avec plaisir merci de ce message 🙂

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