Le jour ou j’ai lâché ma balance

Processed with VSCO with b5 presetJ’en ai déjà parlé sur ce blog et sur instagram j’ai un passé de boulimique qui n’est pas si passé que ça.

Je compare souvent  la boulimie à l’alcoolisme avec mes patients, on ne se débarrasse jamais vraiment de ces petits démons, même avec des psychothérapies, un gros travail sur soi, tout au long de notre vie il se peut que cela refasse surface un alcoolique ira vers l’alcool nous irons vers la nourriture. C’est un mécanisme que l’on a mis en place pour se protéger, éloigner nos émotions, ne plus penser pendant quelques instants.

Comme beaucoup de femmes qui n’aiment pas leur corps je ne suis pas en obésité, mais il n’y a pas besoin d’être obèse pour ne pas aimer son corps ! Et c’est là le problème de beaucoup de femmes, elles n’aiment pas leur corps et pourtant elles peuvent faire un 34 36  Parce que le poids, la morphologie n’a rien à voir avec le fait d’aimer ou non son corps. Par exemple les anorexiques qui peuvent avoir des poids très très bas 35 40 kg sont celles qui haïssent le plus leur corps.

J’ai toujours eu un poids dans la norme, ado jeune femme j’ai toujours fait un 36 ou 38 en fonction du sport, des régimes à la con à part le jour ou j’ai eu la grosse période de boulimie  j’ai pris 10 kg en 2 mois.

A cette époque j’habitais en Angleterre j’avais 18 ans et faisais un très bon 42 et c’était inamissible à ce moment là alors je n’avais que des robes et des leggings.Je détestais tellement ce corps, je le maltraitée tellement, plus de 3 crises de boulimie par jour … je n’ai gardé aucune photo de moi de cette période …

Je pense que la phrase « les  cordonniers sont les plus mal chaussés » s’applique totalement ici. J’avais un cabinet où je recevais des patients atteints de TCA et j’en ai moi même souffert. Je donnais des conseils à longueur de journée que moi même je ne suivais pas totalement. Fais ce que je dis ne fais pas ce que je fais …

Des exercices d’acceptation du corps, des conseils pour lâcher sa balance, accepter un poids, accepter un corps, accepter la différence, le regard des autres, apprendre à s’aimer, apprendre à aimer ce corps, apprendre à aimer ses défauts, apprendre à aimer ses bourrelets, être bienveillante avec soi, être bienveillante envers cette graisse, travailler sur l’image déformée que l’on a de son corps, travailler sur le regard que l’on a de son corps, sur la pression sociale, ne pas laisser les autres décider de l’amour que l’on a pour son corps et tous les autres conseils que j’ai pu donner je n’en pas beaucoup appliqués.

Les crises de boulimies ont cessé mais les problématiques de l’image corporelle étaient toujours là.

En apparence j’ai une attitude de femme assez sûre de moi et pourtant je suis bourrée de complexes  comme la plupart des femmes mais les complexes qui me paralysent le plus sont  mes poignées d’amour et mes épaules larges. La fixation de ma vie : ces poignées ! Alors que plein d’hommes aiment les poignées d’amour nous les détestons, beaucoup trouve ça « mignon » et nous les haïsons …

Comment peut on vivre avec un corps que nous détestons ? Comment un autre peut aimer une partie de notre corps alors que nous  la rejetons ? Comment peut on s’aimer si on ne s’aime pas dans sa globalité ? Comment est il possible qu’une femme n’aime pas son propre corps ? Ce corps qui est avec nous 24h/24 7j/7, ce corps que l’on maltraite que l’on malmène et qui pourtant suis tout nos caprices.

Nous l’affamons, nous le pesons, nous le regardons avec une loupe, nous le critiquons, nous le pinçons , nous le poussons à faire plus de sport, nous le faisons rentrer dans un jean trop petit, nous l’ obligeons à rester dans cette jupe qui le comprime toute une soirée juste pour dire que nous faisons un 38 alors qu’il serait plus à l’aise pour respirer dans un 40  voire un 42!

Pourquoi faisons nous tout cela ? Pourquoi le maltraitons nous ? Pourquoi nous faisons nous tout ce mal ? Pourquoi depuis des générations nous répétons les mêmes erreurs ?

Et si on arrêtais un peu les conneries avant qu’il ne dise stop ?

Il y a 2 mois j’ai décidé de lâcher ma balance je vous explique pourquoi.

En tant que belle boulimique qui se respecte ma balance était ma meilleure amie ennemie, je me pesée 5 6 fois par jour (ça n’aide pas d’être diététicienne car elle est toujours là). Je connaissais le poids à jeun, après pipi, celui après le petit déjeuner, après le sport, après le popo, après une gros repas, après une soirée alcoolisée, après une crise avant de vomir et surtout celui après les vomissements. Cette mesure pour les boulimiques est une mesure importante pour vérifier que l’on a tout vomi et pouvoir être rassurée de voir que l’on ne vas pas grossir à cause de cette crise là !

Même si j’avais arrêté la boulimie, je continuais d’être obsédée par mon poids je me pesée moins mais quand même 2 3 fois par jour.

Et en plus de devenir une obsession quotidienne « est ce que j’ai grossit, est ce que je suis passé sous les 60, oula ce repas entre copains ça va se payer demain sur la balance » cela impacté mon moral et mes prises alimentaires.

Par exemple si un matin j’avais 300g en plus (ce qui est ridicule car il y a des fluctuations normales du poids en fonction des moments de la journée, de notre cycle …) cela allé me contrarier et conditionner mes prises alimentaires sur la journée et donc me prendre la tête toute la journée de manière obsédante.

Mais il y a deux mois, je me suis mis au défis de lâcher cette balance pour plusieurs raisons, j’ai fais un gros travail sur moi et je ne voulais plus qu’une balance impacte ma journée. Mais aussi car je travaillais beaucoup et je voulais que toute mon énergie soit dans cette direction et orientée vers des pensées qui allaient impacter négativement mon moral, la perception de mon image corporelle, mon bonheur et l’amour que je me porte.

La dernière phase dans mon travail est l’acceptation de ce corps, je ne pouvais pas le finaliser en le mesurant tous les jours. Je l’aime déjà beaucoup plus qu’avant, je suis bienveillante mais ces pesées quotidiennes ne faisaient que rajouter de la pression inutile à mes journées.

Ça n’a pas été facile surtout au début, car on n’a plus de repère, « et là je suis à combien est ce que j’ai grossit, maigrit ou est ce que je suis au même poids, et après ce repas je suis à combien ? et si j’arrête de me peser je ne sais pas à quel moment je vais dépasser ma limite et devenir grosse »

Mais durant cette année au cabinet j’ai remarqué que les femmes qui aiment leur corps étaient celles qui ne connaissaient pas leur poids ! Et oui ça existe elles m’ont toujours épaté en consultation lors de la fameuse question « connaissez vous votre poids ?  » elles me regardaient toujours avec la même expression surprise « pfiou je ne sais pas, la dernière fois chez le docteur …, je n’ai pas de balance à la maison, la dernière fois chez le gynéco … » J’ai toujours été admirative de me dire qu’elles s’en foutaient totalement de ce poids et qu’elles au moins aiment leur corps ! (je précise que le motif de ces consultations  pour elles n’avaient rien à voir avec des TCA mais la plupart du temps, apprendre à mieux manger, changement de régime pour apprendre à manger végétarien …)

Pour toutes ces raisons j’ai lâché cette balance, je n’ai aucune idée de mon poids aujourd’hui , ce n’est pas facile tous les jours mais au moins je n’ai pas la pression du matin, pas la pression d’un après repas car je n’ai plus de balance !

J’écrirais un autre article dans quelques mois pour voir ce que cela à changer si je n’ai pas craqué d’ici là 😉

Et vous quant est ce que vous allez jeter votre balance à la poubelle ? 

Vous êtes plus qu’un poids, votre beauté n’est pas déterminé par un chiffre à la noix sur une balance, votre beauté n’est pas déterminée par la taille de votre pantalon. Mais votre beauté est déterminée par le bonheur qui se lit sur votre visage !

 

Cet article à été écrit il y a 5 mois : donc voici les petites nouvelles

On est le 7 janvier : cela fait 5 mois que je ne me suis pas pesée youhouuuu une véritable révolution. Le rapport à mon corps à bien changé bien sûr j’aimerai toujours un peu moins de poignée d’amour mais je pense que mon rapport au corps est plus normal.

La grosse révolution est sur la culpabilité après les repas, elle a vraiment chuté je profites de mes repas festifs et arrive bien plus facilement à m’en foutre et à me dire que dans tous les cas le sport et l’alimentation de tous les jours ne me ferra pas grossir.

Du coup je me fais bien plus plaisir car il n’y a pas la culpabilité derrière et donc moins d’interdiction donc moins de compulsion à manger !!!

Et la grosse victoire en allant faire une analyse de sang

Madame du labo « je peux connaître votre poids »

Moi (tellement fière) : « hmm je ne le connais pas 🙂 « 

MOI je ne connais pas mon poids … c’était vraiment bizarre comme sensation, ce poids que je connaissais au gramme près, je suis incapable de savoir à combien je suis et c’est un bonheur absolu de ne pas savoir et d’être juste bien, juste en paix avec ça avec ce corps ❤

J’ai vraiment été tenté de me repeser notamment chez des amis qui ont des balances dans la salle de bain en se lavant les mains … ça n’a pas été facile

Mais je n’ai pas voulu gâcher tout ça !

Et si pour 2018 vous preniez une belle résolution pour vous ?

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Lilie dit :

    Super article ! Personnellement je me reconnais dans ce que tu as décris et je vais jeter ma foutue balance.

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  2. Melanie Boué dit :

    Salut Kokoy!

    je suis ton blog depuis quelques mois maintenant et réalise quelques unes de tes recettes. J’aime leur simplicité et ta joie de vivre.
    Ce soir cela m’a fait du bien de lire ton article. Alors que je rentrai d’une séance de sport mon copain m’a dit : »il faudrait peut-être arrêter de travailler tes épaules » « Pourquoi? » Lui dis-je alors. « Parce que ça fait trop ». Ça m’a vexé d’abord puis je me suis dit: « non ». J’ai trop été complexée par mon poids adolescente, époque où j’étais en sur poids. Puis par ma silhouette athlétique et ma « carrure » que je jugeais toujours trop épaisse quand je me comparais à ces filles toutes filiformes et si frêles.
    Aujourd’hui je pratique le cross fit, la Zumba, le yoga, un peu de paddle, de courses à pied et de randonnée. Le sport m’évade et je me sens tonique et bien dans mon corps. Alors non, je ne céderai pas au diktat et tant pis si on ne m’aime pas comme je suis, moi j’ai envie d’y arriver !

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    1. kokoyladiet dit :

      Bonjour, désolé du retard, je viens de voir tous les commentaires
      Merci beaucoup pour ce partage, je ne peux que m’identifier, avec ma carrure j’ai souvent eu ce genre de réflexion, alors bravo d’avoir résister à ces dictats ce n’est pas facile mais ça en vaut la peine pour arriver à vivre en paix !!
      belle journée

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